Un quotidien pour plus d'un Français sur quatre
Selon le Baromètre 2026 des droits des personnes malades de France Assos Santé, 27 % des Français déclarent avoir été confrontés à une pénurie de médicament au cours des douze derniers mois. Le chiffre grimpe à 43 % chez les personnes suivies pour une affection de longue durée. Et dans 45 % des cas, aucune solution de remplacement n'a été proposée au patient.
Autrement dit : la rupture de stock n'est plus un accident rare, c'est une situation que nous rencontrons tous, un jour ou l'autre, au comptoir. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe aujourd'hui de vraies solutions, souvent méconnues.
Pourquoi votre boîte manque : l'exemple de la quétiapine
Prenons un cas concret. La quétiapine, un traitement pris par environ 250 000 personnes en France, manque depuis l'été 2024 : l'usine grecque qui fournissait 60 % du marché français a dû interrompre sa production à cause de défauts de qualité. Résultat, des mois de tension pour les patients.
Face à cela, l'ANSM (l'agence du médicament) a activé plusieurs leviers : importation de boîtes depuis des pays moins touchés (environ 30 000 traitements par mois), fabrication de plus de 45 000 traitements en préparations magistrales directement en pharmacie, et priorité donnée à la délivrance à l'unité pour étirer les stocks.
Début 2026, la situation s'améliore doucement : les dosages 50 et 300 mg se stabilisent en pharmacie, même si le 400 mg restait en tension en février. Le lithium (Téralithe 250 mg) connaissait encore des difficultés, tandis que la chlorpromazine (Largactil) est, elle, redevenue disponible normalement.
Ce feuilleton résume bien le problème : une seule usine qui tousse à l'autre bout de l'Europe, et ce sont des centaines de milliers de patients français qui trouvent porte close.
Règle numéro 1 : ne jamais arrêter son traitement de soi-même
C'est LE réflexe à retenir. Dans ses points de situation, l'ANSM le répète : poursuivez votre traitement et consultez un professionnel de santé en cas d'inquiétude sur la disponibilité de votre médicament.
Arrêter, espacer ou couper ses comprimés en deux « pour faire durer » sans avis médical, c'est prendre un risque bien plus grand que la pénurie elle-même. Si votre pharmacie n'a plus votre médicament, la première étape est d'en parler, pas d'improviser.
Ce que votre pharmacien peut (vraiment) faire
On l'ignore souvent, mais le pharmacien dispose aujourd'hui de plusieurs outils légaux pour ne pas vous laisser repartir les mains vides.
Remplacer votre médicament sans nouvelle ordonnance. Quand un médicament essentiel est en rupture et que l'ANSM publie une recommandation de remplacement, la loi (article L. 5125-23 du code de la santé publique) autorise le pharmacien à vous délivrer directement le médicament de remplacement. Pas besoin de retourner chez le médecin : le pharmacien inscrit le nom du médicament délivré sur votre ordonnance et informe lui-même votre prescripteur. C'est par exemple le mécanisme activé récemment pour l'aspirine faible dose Resitune 100 mg.
Fabriquer votre traitement sur place. Pour certains médicaments en rupture, les pharmacies peuvent réaliser des préparations magistrales, c'est-à-dire fabriquer le médicament à partir de la matière première. L'Assurance Maladie les rembourse à titre provisoire, le temps que la spécialité revienne : cela a été le cas pour la sertraline (de mai à septembre 2025), pour la quétiapine (Xeroquel LP) et plus récemment pour le propranolol 40 mg début 2026.
Vous orienter. Votre pharmacien voit ce que ses grossistes peuvent livrer et connaît la situation de son secteur : avant de multiplier les visites au hasard, demandez-lui conseil.
Vérifier si votre médicament est officiellement en tension
L'ANSM publie sur son site, dans la rubrique « Disponibilité des produits de santé », la liste actualisée des médicaments essentiels en rupture ou en tension, avec leur statut et la date de mise à jour. Un réflexe utile : si votre médicament y figure, la difficulté est nationale, et c'est vers les solutions ci-dessus qu'il faut se tourner plutôt que vers une quatrième pharmacie.
Et si aucune boîte n'est disponible nulle part ?
C'est alors au médecin de jouer. Pour la plupart des traitements, il existe des alternatives dans la même famille : pendant les fortes tensions sur la sertraline au printemps 2025 (les dosages 25 et 50 mg étaient les plus touchés), l'ANSM indiquait qu'il existait d'autres antidépresseurs de la même classe, comme le citalopram, l'escitalopram, la fluoxétine ou la paroxétine. Ce changement se fait uniquement avec votre médecin, jamais seul.
Comment OrdoLiv peut vous simplifier la vie
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